S’engager pour le bien commun

La vocation de l’École Thomas More est de former ceux qui s’engagent au service du bien commun et de leur pays.

Pourquoi s’engager ?

Nous vivons une époque où la technocratie a chassé le politique, et où la personne s’est effacée au profit de l’individu. Les citoyens ont conservé les droits mais oublié les devoirs. Ils ne se veulent liés que par des contrats révocables, ne se sentent plus responsables des communautés dans lesquelles ils sont immergés. Ils sont désengagés.

Ce monde atomisé produit finalement des masses d’individus infantilisés par l’État providence, et des masses d’indigents privés de liens, de travail et de ressources.

N’ayant plus de racines, tous ont besoin de tuteurs ; mais qui fera tenir droit ces tuteurs ?

Il est urgent de remettre les choses en ordre en repartant des personnes : des êtres libres, responsables, autonomes, enracinés, porteurs de droits et de devoirs, inscrits et investis dans des communautés vivantes et proches.

Des personnes engagées, qui servent le bien commun.

Le bien commun comme objectif partagé

La notion de bien commun vient de la philosophie antique et de sa reprise par la philosophie médiévale. Depuis, elle a été largement développée par la pensée personnaliste.

Le bien commun est traditionnellement défini comme « l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée » (Gaudium et Spes, §26). Il intègre la notion d’« intérêt général », mais va plus loin parce que son objectif final est non seulement le bien du collectif, mais aussi celui des personnes qui le constituent.

Le bien commun est l’affaire de tous. Il nécessite l’engagement de chacun. Chacun est invité à contribuer au bien commun, là où il est, dans son périmètre de responsabilité. 

Cet engagement en faveur du bien commun peut prendre un grand nombre de formes différentes.

L’engagement politique, l’engagement associatif

L’engagement pour le bien commun est d’abord civique – au service de la « cité », c’est-à-dire du corps social. Aujourd’hui, la notion ancienne de la « cité » recouvre l’ensemble constitué par le pays et par ses collectivités, dans toutes ses dimensions : géographique, historique, culturelle, politique, économique.

La cité est plus que la sphère politique. Elle vit également par ce que la philosophie classique nomme les « corps intermédiaires » et qu’on appelle aujourd’hui la « société civile » : les syndicats, les associations, les entreprises… – tout ce qui relève des « organisations », ces regroupements dont l’objectif est défini par leur objet social et qui concourent, chacun dans son ordre, au bien commun.

Ainsi l’engagement civique et politique peut-il prendre un grand nombre de formes et se réaliser dans des cadres divers, notamment associatifs et sociaux.

Quand la vie civique d’un pays se détériore, le citoyen doit s’engager dans des projets qui pourront prendre le relai des institutions officielles insuffisantes. Il confine alors à une forme de dissidence, au sens qu’avaient les actions d’un Václav Havel. Il s’agit de maintenir la vitalité sociale.

L’amitié politique au service du bien commun

Pour s’engager, il est nécessaire d’être accompagné. L’engagement civique et politique est par nature collectif, et repose in fine sur l’amitié politique, ce lien d’affection qui fait vivre une cité.

D’où l’importance de se former ensemble pour mener à bien l’action concrète.

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